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Les Français réclament davantage de contrôle et de protection pour leurs animaux

Par Celia Bonnin | Publié le 26/05/2026

Selon une étude d’OpinionWay pour Tobalgo, 87% des Français réclament davantage de contrôle du secteur du bien-être animal. La plateforme de mise en relation entre particuliers et professionnels dénonce une crise de confiance dans un milieu en plein essor. 

Une confiance fragile envers les professionnels 

Présents dans la vie de 61 % des Français selon le baromètre Facco de 2025, les animaux des compagnie occupent une place importante dans les foyers. Pour la majorité, ils sont considérés comme des membres à part entière de la famille. Ce statut contribue à augmenter les attentes en termes de solutions professionnelles pour l’éducation, le soin, la garde et l’accompagnement. Le marché du bien-être animal représente 5 milliards d’euros et continue sa croissance. 

Néanmoins, 44 % des français ayant eu un animal estiment qu’il est difficile de trouver un professionnel fiable selon l’étude. Les propriétaires témoignent d’expériences décevantes et d’une difficulté à identifier les bons interlocuteurs. Ainsi, le même pourcentage affirme hésiter à faire appel à un professionnel par manque de confiance. Cette méfiance soulève un sujet de société plus large : le manque de structuration de la profession, les attentes croissantes des propriétaires et l’évolution du regard porté sur les animaux dans notre société.

Un secteur en plein essor mais peu encadré

Le secteur du bien-être animal s’est structuré rapidement sans offrir de repères clairs. Éthologie, zoothérapie, éducation, sont des professions aux contours mal définis. Ce manque de clarté influe sur la qualité des services : 84 % des propriétaires d’animaux constatent d’importants écarts entre les professionnels. 

La certification Qualiopi, obligatoire pour tous les centres d’apprentissage depuis 2022, vise à rendre lisible l’offre de formation. Aujourd’hui, une centaine d’organismes sont habilités. Les formations labellisées “bien-être animal” se pratiquent généralement sur deux jours, avec de nombreuses options de distanciel. 70 % des personnes interrogées jugent ces temps de formation insuffisants. 

L’Attestation de Connaissances pour les Animaux de Compagnie d’Espèces domestiques (Acaced) indique former 4 000 élèves par an. Elle enseigne une premières base réglementaire sur l’alimentation, la santé et le transport des animaux. L’attestation officielle est valable pendant dix ans après la validation d’un QCM au taux de réussite fixé à 60 %. D’après l’enquête, cet enseignement accéléré ne permet pas de faire face à l’ensemble des complexités du terrain. Le 1er janvier 2025, un nouvel arrêté est entré en vigueur pour augmenter le temps de formation de 3 heures minimum : 17 heures pour les chiens, 21 heures pour les chats et 25 heures pour les autres. 

Vers une reconnaissance du bien-être animal dans la loi

Alors que la place accordée aux animaux évolue dans notre société, le cadre législatif peine à s’adapter. Pourtant, 74 % du panel interrogé estime que le bien-être animal n’est pas suffisamment pris en compte dans la loi française. En effet, les animaux sont rattachés au régime des biens. Ils ne sont pas titulaires de droits ou d’obligations au même titre que les biens meubles. L’innovation législative de 2015 nuance cette catégorisation en précisant que  “les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité” .

Un arrêté ministériel du 2 juillet 2025 a fait évoluer les règles de protection animale pour les professionnels. L’objectif est de garantir des conditions de vie homogènes répondant aux besoins spécifiques des animaux. Le texte implique notamment la fin de l’utilisation et de la promotion des méthodes de maltraitance qui ont des conséquences néfastes sur la santé physique et psychique des animaux. La législation européenne a également adopté des règles relatives à l’identification et au bien-être des chiens et chats en juin 2025. Néanmoins, l’opinion publique souhaiterait un engagement plus concret et durable.

 L’évolution profonde de la perception et des relations affectives avec les animaux nécessite une reconnaissance institutionnelle. 77 % des personnes interrogées souhaitent inscrire le bien-être animal dans la Constitution. Coraline Anciaumes, cofondatrice de Tobalgo, affirme que : “le bien-être animal s’impose aujourd’hui comme un sujet de société qui concerne l’ensemble des acteurs du secteur”.