Le collectif « Les chiens du parc Martin Luther King » dénonce le refus du maire du 17ème arrondissement. Geoffroy Boulard refuse d’ouvrir ce parc de 10 hectares aux chiens. Depuis octobre 2025, un projet d’expérimentation clé en main attend une réponse.
Un parc totalement interdit aux chiens
Le parc Martin Luther King reste l’un des rares espaces verts parisiens totalement interdit aux chiens. En laisse ou sans laisse, aucun accès n’est autorisé. Depuis plusieurs années, toutes les tentatives d’ouverture se heurtent au refus systématique du maire.
En octobre 2025, le collectif a proposé un projet d’expérimentation. Il permettrait aux propriétaires de promener leurs chiens en laisse dans certaines allées. À certains horaires de faible affluence, les chiens pourraient gambader sans laisse dans un espace dédié de 5 000 m². Le reste du temps, les autres usagers utiliseraient l’espace.
La Ville de Paris favorable, la mairie du 17ème bloque
Début décembre 2025, Christophe Najdovski confirmait par écrit l’accord de la Ville de Paris. L’adjoint à la maire en charge des espaces verts déclarait : « Pour le 17ème arrondissement, le parc Martin Luther King fait partie des parcs qui peuvent être rapidement ouverts aux chiens tenus en laisse. » La mairie du 17ème n’a pas donné suite.
Le collectif s’est inspiré du succès du parc Monceau. Une expérimentation similaire y fonctionne depuis plusieurs mois. Il a construit un projet complet avec des professionnels canins. Guide pédagogique, charte de bonne conduite, questionnaire de satisfaction : tout est prêt. L’application AVISPETS permettrait de faire remonter les informations. Des éducateurs canins assureraient l’encadrement.
Une politique d’espaces canins jugée inadaptée
Geoffroy Boulard met en avant les sept espaces canins du 17ème. Il projette d’en ouvrir un huitième près du parc Martin Luther King. Aucun calendrier précis n’a été communiqué. Le collectif juge cette politique dépassée. Paris compte près de 100 000 chiens pour environ 40 espaces canins. Soit un espace pour 2 500 chiens alors qu’ils peuvent en accueillir 30 maximum. Ces espaces sont souvent minuscules, entre 100 et 200 m² en moyenne. Ils sont mal conçus et coûteux. L’espace canin du boulevard des Batignolles a coûté 200 000 euros pour 200 m². Soit 1 000 euros le m².
Le collectif a demandé au maire la superficie et le coût de chaque espace canin. Il ne dispose pas de ces informations sur l’argent public dépensé.
Un modèle qui fonctionne ailleurs
Ce type d’espace de liberté partagé existe déjà dans les grandes villes européennes et américaines. En France, plusieurs villes l’ont adopté. Nantes, Grenoble, Boulogne, Saint-Cloud et Massy-Palaiseau montrent l’exemple. À Paris, plusieurs expérimentations sont en cours. Parc Monceau, Buttes-Chaumont, La Villette, Le Marais, parc Montsouris et Champ-de-Mars testent le modèle.
Le dispositif ne nécessite aucun investissement. Seul un entretien courant suffit. Il stimule également l’économie locale : boutiques, soins, toilettage, éducateurs canins.
Un enjeu électoral
Un vœu déposé par Francis Szpiner et adopté au Conseil de Paris appelle à une politique canine ambitieuse. Tous les candidats aux prochaines élections municipales de 2026 se sont positionnés favorablement. Emmanuel Grégoire, Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel soutiennent l’ouverture des parcs aux chiens.
Le collectif maintient la pression sur Geoffroy Boulard. Le maire du 17ème est candidat à sa réélection sur la liste de Rachida Dati. Il doit clarifier sa position avant le scrutin.


